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Créée le 20 août 2026
Allergènes : Fruits à coque.Détecté automatiquement à partir de la liste d’ingrédients, au regard de l’annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011. Vérifiez toujours les étiquettes des produits que vous employez.
Il y a des recettes qu’on ne fait qu’une fois, et il y a les bases — celles qu’on refait toutes les semaines sans y penser. La crème de cajou est de la seconde catégorie. Trois ingrédients, cinq minutes de mixage, et vous obtenez une crème onctueuse, neutre, qui remplace la crème fraîche partout : dans une sauce, dans un gratin, sur des pâtes, dans une soupe, et jusque dans un dessert.
Sa qualité la plus utile ne se voit pas tout de suite : elle ne tranche pas à la cuisson. Là où une crème légère se sépare dès qu’on ajoute du citron ou qu’on laisse bouillir, la crème de cajou tient. Elle épaissit même légèrement, ce qui évite la fameuse cuillère de farine.
La cajou, par ceux qui la vendent
Cette recette repose entièrement sur une propriété que la noix de cajou est presque seule à posséder : elle n’a pas de peau. L’amande, une fois décortiquée, est nue — pas de tégument brun comme l’amande, pas de pellicule amère comme la noisette ou le cerneau de noix. C’est pour cela qu’elle donne une crème d’un blanc franc et d’un goût neutre, quand les autres fruits à coque rendent une pâte grisâtre au parfum trop marqué.
Deuxième raison, moins connue : la cajou est le fruit à coque le plus riche en amidon, près de 27 g de glucides pour 100 g, là où l’amande en compte trois fois moins. Cet amidon, une fois hydraté et broyé, fait exactement ce que fait la farine dans une béchamel : il épaissit. Associé à 45 % de lipides, il produit une émulsion stable. Ce n’est pas un tour de main, c’est de la composition.
Le trempage n’est pas facultatif — sauf si vous avez un robot très puissant. Il sert à deux choses : ramollir l’amande pour que les lames la réduisent vraiment, et libérer l’amidon. Douze heures à l’eau froide donnent le meilleur résultat ; trente minutes dans l’eau frissonnante suffisent quand on est pressé, avec une crème à peine moins soyeuse.
Enfin, pour le calibre : ici, prenez des brisures. Elles coûtent moins cher, se trempent plus vite, et personne ne verra la différence une fois le mixeur passé. Gardez les amandes entières pour les plats où elles se voient. Nos noix de cajou bio viennent d’Afrique de l’Ouest et existent en sachet de 100 g à 1 kg — pour une base qu’on refait souvent, le format 500 g est le bon calcul.
Les ingrédients
Pour environ 350 g de crème, soit 6 portions :
- 150 g de noix de cajou bio, brisures de préférence
- 180 g d’eau fraîche, plus l’eau de trempage à jeter
- 1 cuillère à soupe de jus de citron
- 2 g de sel, soit une demi-cuillère à café rase
Selon l’usage, au choix :
- 1 gousse d’ail et un tour de moulin — version salée, pour les pâtes et les gratins
- 1 cuillère à soupe de graines de sésame bio torréfiées et moulues — version tahini, pour les légumes rôtis
- 1 cuillère à café de sirop d’agave et une pointe de vanille — version sucrée, pour les desserts
La recette, étape par étape
- Faites tremper. Couvrez largement les noix de cajou d’eau froide et laissez douze heures, ou une nuit. Pressé ? Couvrez-les d’eau frissonnante, hors du feu, et comptez trente minutes.
- Égouttez et rincez. Jetez l’eau de trempage, qui a pris un goût un peu âcre, et rincez les amandes à l’eau claire. Elles doivent s’écraser sans effort entre deux doigts.
- Mixez avec la moitié de l’eau. Cajou, 90 g d’eau, citron et sel. Lancez le mixeur à pleine vitesse et laissez tourner deux minutes sans vous arrêter : c’est la durée qui fait la texture, pas la puissance de l’appareil.
- Raclez les parois, ajoutez le reste de l’eau, et remixez une minute. La crème doit napper la spatule et retomber en ruban.
- Goûtez et ajustez. Trop épaisse ? Une cuillère d’eau à la fois. Trop liquide ? Un quart d’heure au frais suffit à la raffermir : elle épaissit toujours en refroidissant.
- Filtrez si nécessaire. Avec un mixeur ordinaire, passez la crème au tamis fin ou au sac à lait végétal. C’est le rattrapage qui transforme une crème granuleuse en crème lisse.
L’astuce : ne salez qu’après le premier mixage. Le sel ajouté trop tôt fait remonter l’eau des amandes et donne une crème qui se délie au lieu de monter.
Comment l’utiliser
- Dans une sauce chaude : ajoutez-la hors du feu ou à très petits frémissements. Elle ne tranche pas, mais une ébullition franche la fait épaissir d’un coup.
- Sur des pâtes : une louche d’eau de cuisson, deux cuillères de crème, l’amidon des pâtes fait le reste.
- Dans une soupe : un filet au moment de servir, comme un trait de crème.
- En gratin : elle dore, contrairement à la crème légère.
- En dessert : version sucrée, sur les poires pochées à l’hibiscus ou avec de la mangue séchée réhydratée.
Par quoi remplacer
- Le citron → du vinaigre de cidre, même quantité. Il apporte l’acidité qui réveille la crème, sans laquelle elle paraît plate.
- La cajou → des amandes émondées, faute de mieux. La crème sera plus granuleuse et légèrement amère. Avec des arachides, vous n’obtiendrez pas une crème neutre mais une sauce d’arachide — excellente, mais ce n’est plus la même chose.
- Le trempage → rien ne le remplace, sauf un robot à forte puissance. C’est la seule étape sur laquelle il ne faut pas tricher.
Conservation et préparation à l’avance
Au réfrigérateur : 4 jours dans un bocal fermé. Elle épaissit en reposant ; détendez-la d’une cuillère d’eau et fouettez.
Au congélateur : 3 mois, et c’est là qu’elle surprend — elle supporte très bien la congélation, contrairement à la crème laitière. Congelez-la en bac à glaçons, vous décongelez la quantité voulue.
Ce qui se prépare la veille : le trempage, évidemment. Les amandes trempées et égouttées se gardent deux jours au frais avant d’être mixées.
Le matériel
Un mixeur, le plus puissant dont vous disposez — c’est le seul point où l’appareil compte vraiment. Un blender chauffant ou un robot à grande vitesse donne une crème lisse en deux minutes. Un mixeur plongeant ordinaire y arrive aussi, à condition de tremper plus longtemps et de passer la crème au tamis fin à la fin. Prévoyez alors une passoire très fine, ou un sac à lait végétal.
Les valeurs nutritionnelles
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (58 g) | Total pour 6 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 257 kcal | 148 kcal | 891 kcal |
| Matières grasses | 20 g | 11 g | 68 g |
| dont acides gras saturés | 3,4 g | 2,0 g | 12 g |
| Glucides | 12 g | 7,0 g | 42 g |
| dont sucres * | 0,1 g | 0,1 g | 0,4 g |
| dont polyols * | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 1,5 g | 0,9 g | 5,3 g |
| Protéines | 7,0 g | 4,0 g | 24 g |
| Sel | 0,65 g | 0,38 g | 2,26 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts, en tenant compte d’environ 0 % d’évaporation à la cuisson. Elles ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
* La table de référence ne renseigne pas toutes les valeurs pour Noix de cajou, crue, Jus de citron, fait maison. Les lignes marquées d’une astérisque sont donc des minimums : le vrai chiffre est égal ou supérieur. Mieux vaut une valeur basse annoncée comme telle qu’un zéro faux.
Sources des compositions : FAO/INFOODS Food Composition Table for Western Africa (2019) (FAO, CC BY-NC-SA) et Table Ciqual 2025, ANSES (Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)).
Ce que ces chiffres racontent. La comparaison honnête se fait à poids égal, avec les valeurs de la table Ciqual. Face à une crème épaisse à 30 % (285 kcal, 29,9 g de lipides, 19,5 g d’acides gras saturés), cette crème de cajou apporte un tiers de matières grasses en moins et surtout près de six fois moins d’acides gras saturés. Face à une crème légère à 15 % (162 kcal, 14,4 g de lipides, 9,7 g de saturés), elle est en revanche plus grasse et plus calorique — mais ses graisses restent trois fois moins saturées.
S’ajoutent ce que la crème laitière n’apporte pas : 7 g de protéines et 1,5 g de fibres pour 100 g. Et, comme tout produit végétal, elle ne contient pas de lactose. Ce n’est pas pour autant un produit allégé : la cajou reste un fruit à coque, donc dense. On l’emploie comme une crème, pas comme un yaourt.
Questions fréquentes
Ma crème est granuleuse, que faire ?
Deux causes : trempage trop court, ou mixage trop bref. Passez-la au tamis fin, cela sauve la fournée ; et la prochaine fois, trempez une nuit entière et laissez tourner le mixeur deux minutes d’affilée sans l’arrêter.
Faut-il vraiment jeter l’eau de trempage ?
Oui. Elle se charge de composés qui donnent une amère persistante, et d’une partie de l’acide phytique des amandes. Rincez avant de mixer.
Est-ce que ça tient à la cuisson ?
Oui, mieux qu’une crème légère : elle ne tranche ni au citron ni au vin blanc. En revanche elle épaissit vite à gros bouillons, donc ajoutez-la en fin de cuisson.
Peut-on la faire sans robot puissant ?
Oui, en trempant douze heures au lieu de trente minutes et en filtrant à la fin. Le résultat est très proche ; vous perdrez seulement une petite quantité de matière dans le tamis, qui se recycle très bien dans une pâte à gâteau.
Les produits de cette recette
À essayer ensuite
- Poulet aux noix de cajou, gingembre et sésame — l’autre façon d’employer le même sachet.
- Poires pochées à l’hibiscus — la version sucrée de cette crème y trouve sa place.
- 3 recettes faciles et gourmandes avec des noix de cajou bio — dont le granola salé et les energy balls.










