Tahini maison : la pâte de sésame en deux ingrédients

Des graines de sésame, un filet d’huile, dix minutes de mixeur. Le tahini du commerce coûte trois fois plus cher et a souvent moins de goût.
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Ecrit par Anaïs Tué

Le août 21, 2026
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Le tahini, c’est du sésame broyé. Rien d’autre. Un pot du commerce coûte entre huit et douze euros le kilo ; cent grammes de graines et dix minutes de mixeur vous en donnent l’équivalent, avec un goût de sésame nettement plus franc parce que vous venez de le griller.

C’est aussi une base : le houmous en dépend entièrement, la sauce des falafels aussi, et une cuillère dans une vinaigrette change une salade. Comme la crème de cajou, c’est le genre de préparation qu’on refait toutes les semaines sans y penser une fois qu’on a commencé.

Le sésame, par ceux qui le vendent

Le sésame (Sesamum indicum) est l’une des plus anciennes plantes cultivées pour son huile — on en trouve trace en Mésopotamie il y a plus de quatre mille ans. La graine est minère, mais elle est grasse à près de la moitié de son poids, et c’est toute la raison pour laquelle cette recette fonctionne : le tahini n’a pas besoin d’huile ajoutée, la graine fournit la sienne.

Complète ou décortiquée ? La nôtre est complète, avec son enveloppe. Elle donne un tahini plus foncé, plus rustique, légèrement plus amer — celui qu’on trouve au Liban et en Palestine. Les tahinis industriels très pâles sont faits de graines décortiquées : plus doux, plus lisses, mais plus plats aussi.

La torréfaction est l’étape qui fait tout. Une graine crue donne une pâte fade et difficile à broyer ; grillée, elle libère son huile et son parfum, et le mixeur en vient à bout en deux fois moins de temps. Ne sautez jamais cette étape, et ne la poussez jamais trop loin : le sésame passe du blond au brûlé en quinze secondes, et un tahini amer est irrécupérable.

Attention aux allergènes : le sésame fait partie des quatorze substances à déclarer. Ce n’est pas un détail pour un tahini, qui en est fait à 100 %.

Les ingrédients

Pour environ 215 g de tahini, soit 12 cuillerées :

La recette, étape par étape

  1. Grillez le sésame à sec. Poêle large, feu moyen, sans matière grasse. Remuez sans arrêt pendant quatre à cinq minutes. Les graines doivent blondir, sauter un peu et sentir la noisette — pas brunir.
  2. Débarrassez immédiatement dans une assiette froide. Dans la poêle, elles continueraient de cuire. Laissez tiédir dix minutes.
  3. Mixez à sec. Versez les graines dans le bol du robot, avec le sel, et lancez à pleine vitesse. Elles vont passer par trois états : poudre, pâte sèche qui colle aux parois, puis crème qui coule. Comptez huit à dix minutes.
  4. Raclez les parois toutes les deux minutes. C’est fastidieux, c’est indispensable, et c’est la seule contrainte de la recette.
  5. Ajoutez l’huile si besoin. Avec un robot puissant, elle est inutile. Avec un appareil ordinaire, une cuillère à la fois jusqu’à ce que la pâte se mette à tourner toute seule.
  6. Mettez en bocal. Le tahini est prêt quand il tombe du fouet en ruban continu.

Le petit plus

Ne renoncez pas à la minute six. C’est là que tout le monde abandonne : la pâte est sèche, granuleuse, collée aux parois, et on se persuade que le robot n’est pas assez puissant. Il l’est. Il faut simplement continuer — l’huile finit toujours par sortir, et le basculement se produit d’un coup, en quelques secondes. Raclez, relancez, attendez.

Le tahini se sépare en pot, l’huile remonte : c’est le signe qu’il ne contient aucun émulsifiant. Remuez avec un couteau à lame longue avant chaque usage.

Par quoi remplacer

  • Le sésame complet → du sésame décortiqué, pour un tahini plus pâle et plus doux. C’est un autre produit, tout aussi bon.
  • L’huile d’olive → huile de sésame ou de tournesol, plus neutres. L’huile d’olive marque le goût, ce qui plaira ou non.
  • Le robot → un mortier, si vous avez du temps et du courage. C’est la méthode d’origine, et elle demande une bonne demi-heure de bras.
  • La torréfaction → rien ne la remplace. Un tahini de graines crues est possible mais fade, et beaucoup plus long à obtenir.

Conservation et préparation à l’avance

À température ambiante : 1 mois dans un bocal fermé, à l’abri de la lumière.

Au réfrigérateur : 3 mois. Il durcit au froid ; sortez-le une demi-heure avant de vous en servir.

Le signe qu’il a tourné : une odeur de vieille huile, piquante. Le sésame est gras, donc il rancit — faites-en des petites quantités plutôt qu’un grand bocal.

Le matériel

Un robot muni d’une lame en S, pas un blender à smoothie : le tahini est trop épais pour circuler dans un bol étroit. Une poêle large, pour que les graines soient en une seule couche. Et une maryse rigide pour racler.

Les valeurs nutritionnelles

Ce que ces chiffres racontent. Le tahini est une pâte oléagineuse, donc dense : on en compte une cuillère, pas une louche. Sa matière grasse est celle de la graine elle-même, très majoritairement insaturée, et c’est ce qui le distingue d’une pâte à tartiner où le gras a été ajouté.

Questions fréquentes

Mon tahini reste granuleux, pourquoi ?
Parce qu’il n’a pas assez tourné. C’est presque toujours la réponse. Dix minutes au total, en raclant, et n’ajoutez de l’huile qu’en dernier recours.

Il est amer, que faire ?
Les graines ont trop grillé. Rien ne rattrape cela. La prochaine fois, retirez la poêle du feu dès que le parfum monte, sans attendre la couleur.

Faut-il le saler ?
Deux grammes suffisent, et on peut s’en passer si le tahini doit entrer dans une pâtisserie. Salé, il se tartine ; non salé, il fait aussi bien les desserts.

Peut-on doubler les quantités ?
Oui, et c’est même plus facile : un robot travaille mal une trop petite quantité. En dessous de 150 g de graines, la lame tourne dans le vide.

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